
Gothique.
Est-ce de ma faute si j’aime les roses quand elles sont noires, Si mon cœur lourd s’éveilleaux brumeux soirs, Est-ce de ma faute si mes yeux se cernent de noir, Que mon regard s’auréole de désespoir.
Pour moi pas de colombe, mais de noirs corbeaux, Qui murmurent les légendes des sombres châteaux, Au fond de mon âme que je préfère en lambeaux, Repose, fragile, mon cœur dans son tombeau.
Votre monde me brule, comme le feu la phalène, Je sens l’hémorragie du temps qui s’égraine. Vous, vos agitations de fourmis humaines, Moi, l’immobile beauté de la porcelaine.
Certains sourient et prononcent le mot gothique, D’autres se signent et murmurent sataniques, Mais qu’ont de plus vos vies ternes et arthritiques, Que je ne puisse avoir dans mes rêves magiques.
Vous me dites triste mais je suis l’opposé, Cherchant l’amour dans vos regards si dévastés, Cherchant l’amour sans jamais vraiment le trouver, C’est de la solitude que vous agonisez.
Regardez-moi, la nuit, chasser avec les loups, Regardez à mon cou saigner ces deux trous, C’est de l’amour, l’amour le plus pur, le plus doux, Celui qui jamais, non jamais ne se dénoue.
Alors que vous importe que mes nuits soient blanches, Gardez vos airs et vos beaux costumes du dimanche, Et si mes larmes arrivent parfois en avalanche, C’est par amour que toujours elles s’épanchent.
Didier.

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